Dorico en vue !

Steinberg-Dorico
J’ai toujours été un amoureux de la belle typographie, musicale ou littéraire. A ce titre, dans ma jeunesse geek, j’utilisais presqu’exclusivement des logiciels de balisage qui avaient la particularité de séparer au maximum le fond de la forme. Des outils tels que LaTeX pour l’écrit ou Lilypond pour la musique, mais également le couple HTML/CSS, omniprésent aujourd’hui sur nos écrans connectés.

Il me semble que le rôle d’auteur (ou de compositeur) et celui de typographe (ou de copiste) devraient absolument être distincts, à tout le moins dans le temps. Combien d’utilisateurs de traitement texte interrompent-ils constamment leur rédaction pour changer telle ou telle police, souligner un passage, voire mettre de la couleur ça et là (j’exagère à peine !), interrompant sans cesse le fil de leur pensée ?
D’autres se focalisent sur leur propos — c’est plus heureux — mais en oublient totalement la présentation et livrent un document qui a tout du torchon informe où styles, ponctuation, mise en page sont complètement à la ramasse et donnent, du moins à la première impression, l’image d’une pensée informe.

Je n’ai pas tout à fait délaissé mon esprit geek, puisque j’écris ce texte en markdown. Cependant, en matière d’édition de partition, j’ai dû mettre de l’eau dans mon vin et suis passé sagement en 2004 à un éditeur WYSIWYG plus mainstream (Sibelius) qui me permet de travailler plus vite et de voir en direct la partition que je créé. La phase compilation/débuggage de Lilypond a eu raison de mon manque de temps chronique 🙂

Il est vrai que l’art de la typographie musicale est infiniment plus complexe que celui de la typographie “textuelle”. Je rêvais à l’époque d’un logiciel qui réunirait le meilleur des deux mondes.

J’en ai rêvé, et je me réjouis, car il semblerait que Steinberg soit en train de finaliser (sans mauvais jeu de mot) la première mouture d’un tel logiciel ! [Cela pourrait faire l’objet d’un article séparé, mais en deux mots et quelques approximations : en juin 2012, Avid licencie toute l’équipe qui développait Sibelius depuis de longues années ; Steinberg a eu l’heureuse idée — ainsi que le flair et la hardiesse — de tous les embaucher et leur donner le temps et les moyens de produire un nouveau produit en partant de rien… Quatre ans après, la première mouture de ce nouveau logiciel est sur le point de sortir, le 19 octobre 2016 pour être précis.]

Capture d'écran de Dorico

Dorico (du nom d’un typographe romain du XVIe siècle) est un logiciel moderne, longuement maturé qui, dès son interface — et donc dans son usage normal — sépare la phase d’élaboration de la musique à proprement dit des réglages typographiques. Le sens d’un côté, la forme de l’autre ! Alleluia !

De plus, un immense effort a été consenti (le nombre d’heures/hommes est faramineux) pour tenter de développer un moteur qui proposerait la meilleure typographie possible. Le blog du chef du projet, que j’ai suivi assidûment depuis 2012, Daniel Spreadbury, en atteste. L’idée est de décharger au maximum l’utilisateur du travail de typographie. Bien sûr, la perfection n’est pas de ce monde et — encore une fois — la typographie musicale est extrêmement complexe. Les cas où l’utilisateur devra arbitrer les solutions proposées existeront toujours. Il est à parier qu’ils seront toutefois beaucoup moins nombreux qu’avec les logiciels actuels ce qui nous fera gagner du temps et de l’énergie pour nous concentrer sur l’essentiel… la musique !

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